Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/26

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


DE CHAMFODT. l5

connu particLiliôioment. 11 me répondit qu’oui. J’insistai pour savoir s’il n’avait jamais rien eu contre lui. M. Saurin, après un moment de ré- flexion, me répondit : «11 y a long-temps qu’il est honnête homme. » Je ne pus en tirer rien de po- sitif, sinon qu’autrefois M. de Foncemagne avait tenu une conduite oblique et rusée dans plusieurs affaires d’intérêt.

— P»I. d’Argenson, apprenant qu’à la bataille de Raucoux, un a alet d’armée avait été blessé d’un coup de canon, derrière l’endroit où il était lui- même avec le roi, disait : « Ce droIe-là ne nous fera pas l’honneur d’en mourir. »

— Dans les malheurs de la fin du règne de Louis XIV, après la perte des batailles de Tu- rin, d’Oudenarde, de Malplaquet, de Ramillies, d’iîochstet, les plus honnêtes gens de la cour di- saient : « Au moins le roi se porte bien, c’est le principal. »

— Quand M. le comte d’Estaing, après sa cam- pagne dé la Grenade, vint faire sa cour à la reine pour la première fois, il arriva porté sur ses bé- quilles, et accompagné de plusieurs officiers blessés comme lui. La reine ne sut lui dire autre chose, sinon : « M. le comte, avez-vous été con- tent du petit Laborde? »

— « Je n’ai vu dans le monde, disait M..., que des diners sans digestion, des soupers sans plai- sirs, des conversations sans confiance, des liaisons sans amitié, et des coucheries sans amour. »