Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/33

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22 OEUVRES

par la jouissance, après avoir commencé assez tranquillement.

— Du temps de INI. de Machaut, on présenta au roi le projet d’une cour plénière, telle qu’on a voulu l’exécuter depuis. Tout fut réglé entre le roi, madame de Pompadour et les ministres. On dicta au roi les réponses qu’il ferait au premier président; tout fut expliqué dans un mémoire dans lequel on disait : « Ici le roi prendra un air sévère; ici le front du roi s’adoucira; ici le roi fera tel geste, etc.» Le mémoire existe.

— «Il faut, disait M..., flatter l’intérêt ou effrayer l’amour-propre des hommes : ce sont des singes qui ne sautent que pour des noix, ou bien dans la crainte du coup de fouet..»

— Madame de Créqui, parlant à la duchesse de Chaulnes de son mariage avec M. de Giac, après les suites désagréables qu’il a eues, lui dit qu’elle aurait dû les prévoir, et insista sur la distance des âges. « Madame, lui dit madame de Giac, appre- nez qu’une femme de la cour n’est jamais vieille, et qu’un homme de robe est toujours vieux».

— M. de Saint- Julien, le père, ayant ordonné a son fils de lui donner la liste de ses dettes, ce- lui-ci mit à la tête de son bilan soixante mille livres pour une charge de conseiller au parlement de Bordeaux. Le père indigné crut que c’était une raillerie, et lui en fit des reproches amers. Le fils soutint qu’il avait payé cette charge. « C’était, dit-il, lorsque je fis connaissance avec iïiadame