Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/41

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JO OEUVRES

broderies nouvelles, enfin, toute sa tète, ses idées comme à l’ordinaire. »

— M...., qui, après avoir connu le monde, prit le parti de la solitude, disait, pour ses raisons, qu’après avoir examiné les conventions de la so- ciété dans le rapport qu’il y a de l’homme de qua- lité à l’homme vulgaire, il avait trouvé que c’était un marché d’imbécile et de dupe. «J’ai ressemblé, ajoutait-il, à un grand joueur d’échecs, qui se lasse déjouer avec des gens auxquels il faut don- ner la dame. On joue divinement, on se casse la tête, et on finit par gagner un petit écu. »

— • Un courtisan disait, à la mort de Louis xiv : « Après la mort du roi, on peut tout croire. »

— J.-J. Rousseau passe pour avoir eu madame la comtesse de Bouflers, et même (qu’on me passe ce terme ) pour l’avoir manquée : ce qui leur donna beaucoup d’humeur l’un contre l’au- tre. Un jour, on disait devant eux que l’amour du genre humain éteignait l’amour de la patrie. «Pour moi, dit-elle, je sais, par mon exemple, et je sens que cela n’est pas vrai; je suis très-bonne Française, et je ne m’intéresse pas moins au bon- heur de tous les peuples. — Oui, je vous entends, dit Rousseau, vous êtes Française par votre buste, et cosmopolite du reste de votre per- sonne, »

— La maréchale de Noailles, actuellement vi- vante ( I ’780), est une mystique, comme madame Guyon, à l’esprit près. Sa tète s’était montée au