Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/43

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02 OEUVRES

d’être nommé lieutenant-général, lui dit devant beaucoup de monde : « Je vous félicite, vous êtes sûrement des nôtres. »

— L’Ecluse, celui qui a été à la tête des Variétés amusantes racontait que, tout jeune et sans for- tune, il arriva à Lnnéville, où il obtint la place de dentiste du roi Stanislas, précisément le jour où le roi perdit sa dernière dent.

— On assure que Madame de Montpensier, ayant été quelquefois obligée, pendant l’absence de ses dames, de se faire remettre im soulier par quelqu’un de ses pages, lui demandait s’il n’avait pas eu quelque tentation. Le page répondait qu’oui. La princesse, trop honnête pour profiter de cet aveu, lui donnait quelques louis pour le mettre en état d’aller chez quelque fille perdre la tentation dont elle était la cause.

— M. de JMarville disait qu’il ne pouvait y avoir d’honnête homme à la police, que le lieu- tenant de police tout au plus.

— Quand le duc de Choiseul était content d’un maître de poste par lequel il avait été bien mené, ou dont les enfants étaient jolis, il lui di- sait: « Combien paie-t-on ? Est-ce poste ou poste et demie, de votre demeure à tel endroit? — Poste, monseigneur. — Eh bien ! il y aura désormais poste et demie. » La fortune du maître de poste était faite.

— Madame de Prie, maîtresse du régent, di- rigée par son père, un traitant, nommé, je crois,