Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/44

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DE CIIAMFORT. 33

Pleiicuf, avait fait un accaparement de blé, qui avait mis le peuple au désespoir, et enfin causé un soulèvement. Une compagnie de mousque- taires reçut ordre d’aller appaiser le tumulte; et leur chef", M. d’Avejan, a\ait dans ses instruc- lions de tirer sur la canaille : c’est ainsi qu’on désignait le p. uple en France. Cet honnête hom- me se fit ime peine de faire feu sur ses conci- toyens; et voici comme il s’y prit pour remplir sa commission. Il fit faire tous les apprêts d’une salve.demousqueterie;et avant de dire : tirez, i\ s’avança vers la foule, tenant d’une main son cha- peau, et de l’autre l’ordre de la cour. « Messieurs, dit-il, mes ordres portent de tirer sur la canaille. Je prie tous les honnêtes gens de se retirer, avant que j’ordonne de faire feu. » Tout s’enfuit et dis- parut.

— C’est un fait connu que la lettre du roi, en- voyée à M. de Maurepas, avait été écrite pour M. de Machault. On sait quel intérêt particulier fit changer cette disposition; mais ce qu’on ne sait point, c’est que M. de IMaurepas escamota, pour ainsi dire, la place qu’on croit qui lui avait été offerte. Le roi ne voulait que causer avec lui; et à la fin de la conversation, M. de Maurepas lui dit: «Je développerai mes idées demain au con- seil. »On assure aussi que, dans cette même con- versation, il avait dit au roi : « Votre majesté me fait donc premier ministre ? — Non, dit le roi, ce n’est point du tout mon intention. — J’entends, II. 3