Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/49

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


38 OEUVRES

célèbre professeur de droit à Genève. Celui-ci admirant l’universalité de Voltaire, dit à d’Alem- bfert : « Il n’y a qu’en droit public que je le trouve un peu faible. — Et moi, dit d’Alembert, je ne le trouve un peu faible qu’en géométrie. »

— Madame de Maurepas avait de l’amitié pour le comte Lowendal (fils du maréchal) ; et celui-ci, à son retour de Saint-Domingue, bien fatigué du voyage, descendit chez elle. «Ah! vous voilà, cher comte, dit elle ; vous arrivez bien à propos ; il nous manque un danseur, et vous nous êtes né- cessaire. » Celui-ci n’eut que le temps de faire une courte toilette et dansa.

— M. de Calonne, au moment où il fut ren- voyé, apprit qu’on offrait sa place à M. de Four- queux, mais que celui-ci balançait à l’accepter. « Je voudrais qu’il la prît, dit l’ex-ministre : il était ami de M. Turgot, il entrerait dans mes plans. — Cela est vrai, » dit Dupont, lequel était fort ami de M. de Fourqueux ; et il s’offrit pour aller l’en- gager à accepter la place. M. de Calonne l’y envoie. Dupont revient une heure après, criant : « Vic- toire ! victoire ! nous le tenons, il accepte. » M. de Calonne pensa crever de rire.

— L’archevêque de Toulouse a fait avoir à M. de Cadignan quarante mille livres de gratifica- tion pour les services qu’il avait rendus à la pro- vince. Le plus grand était d’avoir eu sa mère, vieille et laide, madame de Loménie.

— Le comte de Saint-Priest, envoyé en Hol-