Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/51

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4o OEUVRES

autant d’esprit que M. de Iauzun. M. de Créqui rencontre celui-ci, et lui dit : « Tu dînes aujour- d’hui chez moi. — Mon ami, cela m’est impossible.

— Il le faut ; et d’ailleurs tu y es intéressé. — Comment ? — Liancourt y dhie : on lui donne ton esprit; il ne s’en sert point; il te le rendra »

— On disait de J.-J. Rousseau : « C’est un hibou.

— Oui, dit quelqu’un, mais c’est celui de Minerve ; et quand je sors du Devin du Village, j’ajouterais déniché par les Grâces. »

— Deux femmes de la cour, passant sur le Pont-Neuf, virent, en deux minutes, un moine et un cheval blanc ; une des deux, poussant l’autre du coude, lui dit : « Pour la catin, vous et moi nous n’en sommes pas en peine ( i ). »

— Le prince de Conti actuel s’affligeait de ce que le comte d’Artois venait d’acquérir une terre auprès de ses cantons de chasses : on lui fit en- tendre que les limites étaient bien marquées, qu’il n’y avait rien à craindre pour lui, etc. Le prince de Conti interrompit le harangueur, en lui disant : « Vous ne savez pas ce que c’est que les princes ! »

— M.... disait que la goutte ressemblait aux bâtards des princes, qu’on baptise le plus tard qu’on peut.

(i) Allusion à l’ancien proverbe populaire : << On ne passe jamais sur le Pont - Neuf sans y voir un moine, un cheval blanc et une «satin. »