Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t3.djvu/56

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nide a eu beaucoup de succès, et le méritait par une foule de détails charmans dont elle est ornée. Elle est versifiée avec facilité, avec élégance, avec goût. La plaisanterie en est fine et délicate, ce qui n’empêche pas que de temps en temps l’auteur ne sache placer à propos des vers marqués au coin de la poésie , tels que ceux-ci :

Ainsi donc a péri cette pompe orgueilleuse
D’un Roi qui, dévoré de chagrin et d’ennui,
Mit toujours sa grandeur entre son peuple et lui.



Je ne crois pas que toute cette pompe doive périr entièrement. Il ne faut pas qu’elle soit repoussante ; mais elle est nécessaire à la dignité de la couronne et à celle de la nation ; et la pompe du trône peut très-bien se concilier avec la popularité du prince.

On ne peut pas caractériser mieux, et en moins de mots, ce qu’était le peuple français avant la révolution, que dans ces vers que dit Epiménide :

Que j’aurai de plaisir à vivre dans Paris
Parmi ce peuple respectable,
Qui n’était que le plus aimable,
Lorsqu’il était le plus soumis !