Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t4.djvu/273

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pardonnez… dans vos cœurs mes regards ont dû
lire ;
mais une mère… hélas ! Je crains…


LE PRINCE.


Qu’oses-tu dire ?
Zéangir, transporté.
Achève.


ACHMET.


Eh bien ! L’on dit qu’invisible à regret,
sa main conduit les coups qu’on prépare en secret ;
on redoute un courroux qu’elle force au silence ;
on craint son artifice, on craint sa violence ;
mais un bruit dont surtout mon cœur est
consterné…
le sultan veut la voir, et l’ordre en est donné.


AZÉMIRE.


Ciel !


ACHMET.


On tremble, on attend cette grande entrevue ;
on parle d’une lettre au sultan inconnue.


LE PRINCE.


à Zéangir.
dieu ! Mon sort voudrait-il ? … tu sauras tout…


ACHMET.


Seigneur,
contre un juste courroux défendez votre cœur.
Vous ignorez quel ordre et quel projet sinistre
mena dans votre camp un odieux ministre.
Le visir (je voudrais en vain vous le cacher)
aux bras de vos soldats devait vous arracher.