Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t4.djvu/295

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sa bonté souffrira que du plus beau destin
je coure dans l’opprobre ensevelir la fin ;
et ramper, vile esclave, et rebut de sa haine,
en ces lieux où vingt ans j’ai marché souveraine.
Décidons notre sort, et daignez écouter
ce qu’un amour de mère avait su me dicter.
De mon époux bientôt je vais pleurer la perte ;
et de la gloire ici la barrière est ouverte :
Soliman la cherchait ; mais détestant Thamas,
malgré moi cette haine en détournait ses pas.
Loin de porter ses coups à la Perse abattue,
dans ses vastes déserts sans fruit toujours vaincue,
il fallait s’appuyer des secours du persan
contre les vrais rivaux de l’empire ottoman.
L’hymen fait les traités ; et la main d’Azémire
pourrait unir par vous et l’un et l’autre empire.


ZÉANGIR.


Par moi !


ROXELANE.


J’offre à vos vœux la gloire et le bonheur.


ZÉANGIR.


Le bonheur ! Désormais est-il fait pour mon cœur ?
Si vous saviez…


ROXELANE.


Mon fils : je sais tout.


ZÉANGIR.


Que dit-elle ?


ROXELANE.


Vous l’aimez.