Page:Chapman - Les Fleurs de givre, 1912.djvu/18

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Quel homme sauvera Québec, Ville-Marie,
Trois-Rivières, sur qui, l’enfer dans le regard,
Marchent les Iroquois ?
                                           ― Moi, dit Adam Dollard,
Presque un adolescent, né sur le roc celtique.

Et, sans tarder, nourri du pain eucharistique,
Qui triple le courage au cœur de tous chrétiens,
L’altier Breton, suivi de seize Laurentiens,
Jeunes comme leur chef, sous l’œil de Maisonneuve
Toujours stoïque et grand aux heures de l’épreuve,
Quitte la plage où brille aujourd’hui Montréal,
Et, certain de mourir dans un combat brutal,
Qui peut-être fera vivre la colonie,
Il perce, l’arme au poing, la forêt infinie
Pour aller endiguer le fleuve menaçant
Qui doit tout submerger de ses vagues de sang
Et déjà gronde au fond des solitudes mornes.

À peine sous l’arceau des ramures sans bornes,
Que le vent d’avril berce au-dessus de leurs fronts,
Les nôtres sont rejoints par quarante Hurons
Brûlant d’offrir au fier Dollard leur assistance
Contre le sanguinaire ennemi qui s’avance.

Un pacte solennel est fait ; et, sous un ciel
De lapis, dont le pur éclat semble éternel,