Page:Chapman - Les Fleurs de givre, 1912.djvu/31

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Quand le danger paraît moindre pour la flottille ;
Mais avec plus d’éclat l’ange de nouveau brille
Pour lui montrer la route aux lacets mugissants
Dès que les rocs plus drus se font plus menaçants.

Enfin les canotiers, épuisés par la lutte
Contre les tourbillons de la septième chute,
Entrent dans un bassin au cristal calme et clair
A peine caressé par un frisson de l’air.
Et, bientôt débarquant sur une large grève,
Ils tombent à genoux ; et, pendant que s’élève
Vers le ciel l’action de grâces de ces preux,
Le guide aérien, l’être mystérieux,
Qui devant eux glissait tout à l’heure sur l’onde
Brisant contre les rocs sa masse furibonde,
Apparaît derechef, une dernière fois,
Et, pour les éclairer dans l’ombre des grands bois,
Son essor radieux illumine la plage.

Les fugitifs, cachés sous la forêt sauvage,
Comme enivrés des bruits lointains du flot hurlant,
Attendirent cinq jours l’héroïque Chef-Blanc.
Mais, perdant tout espoir de le voir reparaître,
Croyant que leur sauveur avait péri peut-être,
Ou qu’il comptait encor, là-bas, sur leur retour,
Ils battirent d’abord les fourrés d’alentour,