Page:Chapman - Les Fleurs de givre, 1912.djvu/39

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Pendant que nos soldats luttent sous des haillons,
Vergor et Bigot font danser les millions,
Se repaissent du sang de la patrie en larmes.

Et le grand dictateur Pitt jure à l’univers
De sauver son pays condamné par Walpole,
De faire à ses marins dompter toutes les mers
Et promener, malgré trahisons et revers,
Son pavillon vainqueur de la Floride au Pôle.

Le nouveau Du Guesclin sans peur et sans égal
Ne peut que prolonger l’existence virile
De Québec épuisé, marqué du sceau fatal.
« Je serai Fabius et non pas Annibal »,
Dit-il au lendemain d’un triomphe inutile.

Du feu des dévoûments constamment dévoré,
Consacrant tout son être au Canada qui sombre,
Il répète souvent : « Je m’ensevelirai
Sous les débris fumants du pays engouffré
Plutôt que de céder à la force du nombre ! »

Et Bougainville en vain va supplier la cour
De secourir un peuple exaspéré qui pleure
Tandis qu’à Trianon danse la Pompadour.