Page:Chapman - Les Fleurs de givre, 1912.djvu/55

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée



Nos cœurs français n’ont rien des froideurs de la bise
Qui tord l’arbre souffrant et mort presque à moitié,
Et nous nous enivrons de la senteur exquise
Qu’épanche sur nos fronts l’arbre de l’Amitié.

Ce vif rayonnement de joie en tous sens brille
Et glisse jusqu’au gîte isolé du colon.
Aux tables des fricots le sel gaulois pétille,
Et tout un monde gigue au son du violon.

Les somptueux salons sont ruisselants de flammes,
Et sous le flamboiement des lustres de cristal,
Comme un écho divin, la musique du bal
Emporte en ses replis prestigieux les âmes.

Dans tout cercle du soir plus vive est la gaîté,
Pendant que sur les toits sanglote la rafale,
Ou qu’au ciel éclairci l’aurore boréale
Déroule les splendeurs de son voile enchanté.