Page:Chatauvillard - Essai sur le duel, 1836.djvu/14

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nécessité de l’établir d’une manière formelle, et d’éviter ainsi des fautes qui compromettent l’existence d’un ami, des assassinats qu’on croit devoir passer sous silence, pour ne pas donner aux familles le déshonneur d’une récrimination ; enfin, ce droit, c’est la sauvegarde de tous : s’il est enfreint, si le sang d’une victime vient à crier vengeance, il sera là, accablant pour l’homme sans foi ; il sera là encore pour soutenir l’homme courageux qu’on viendrait taxer d’homicide, pour le défendre, l’absoudre, et faire tomber sur ceux qui l’attaquent l’infamie d’une blâmable accusation.

Les peines les plus sévères contre les duels, le règlement de MM. les maréchaux de France en 1653, les édits des rois, les arrêts des parlemens, les remontrances du clergé, la protestation publique de plusieurs gentilshommes de refuser toutes sortes d’appels, les lettres et circulaires des prélats, des docteurs en théologie, des administrateurs d’hôpitaux qui étaient chargés de la confiscation des biens, la peine de mort infligée aux combattans ; de nos jours, les entraves de la police et la répression que les tribunaux conservateurs ont tâché d’y apporter, rien n’a pu en arrêter le cours.