Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t1.djvu/63

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mon corps ne soit rapporté dans ma patrie qu’après cinquante ans révolus d’une première inhumation. Qu’on sauve mes restes d’une sacrilège autopsie ; qu’on s’épargne le soin de chercher dans mon cerveau glacé et dans mon cœur éteint le mystère de mon être. La mort ne révèle point les secrets de la vie. Un cadavre courant la poste me fait horreur ; des os blanchis et légers se transportent facilement : ils seront moins fatigués dans ce dernier voyage que quand je les traînais çà et là chargés de mes ennuis.