Page:Chateaubriand - Mémoires d’outre-tombe t3.djvu/532

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sont ceux que j'ai passés à Noisiel, chez cette femme dont les paroles et les sentiments n’entraient dans votre âme que pour y ramener la sérénité. Je les rappelle avec regret, ces moments écoulés sous les grands marronniers de Noisiel ! L’esprit apaisé, le cœur convalescent, je regardais les ruines de l'abbaye de Chelles, les petites lumières des barques arrêtées parmi les saules de la Marne.

Le souvenir de madnmc de Lévis est pour moi ci’lui d’une silencieuse soirée d";mtomne. Elle a ])assé en peu d’heures ; elle s’est mêlée à la mort comme à la source de tout repos. Je l’ai vue diîscendre sans l)ruit dans son tombeau au cimetière du Père-Lachaise ; elle est placée au-dessus de M. de Fontanes, et c(>lui- ci dort auprès de son fils Saint-Marcellin, tué en duel. C’est ainsi qu’en m’inclinant au monument de madame ’de Lévis, je suis venu me heurter à deux autres sépul- cres; Thomme ne peut éveiller une douleur sans en réveiller une autre ; pendant la nuit, les diverses fleurs qui ne s’ouvrcMil (ju’à l’ombre s’épanouissent.

A l’aifectueuse bonté de Madame de Lévis pour moi était jointe l’amitié de M. le duc de Lévis le père : je ne dois plus conq)ter (luc par générations. M. de Lévis écrivait bien ; il avait l’imagination variée et féconde qui sentait sa noble race comme on la retrouvait à Quiberon dans son sang répandu sur les grèves.

Tout ne devait pas finir là; c’élail le mouvement d’une amitié qui passait à la seconde généralinu. M. le duc de Lévis le fils, ’ aujourdliui atiaclié à M. le

l. Gaston-François-Cliristophe-Victor, duc de Vcitadour et de IJris (179-4-1803). Il reçut sous l’Empire un brevet de sous-

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