Page:Cicéron - Œuvres complètes Nisard 1864 tome 4.djvu/302

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée
292
CICÉRON.


l’appelons, est la chose du peuple; on peuple n’est pas tonte réunion d’hommes assemblés au hasard, mais seulement une société formée sous la sauvegarde des lois et dans un but d’uti- lité commune. Ce qui pousse surtout les hommes a se réunir, c’est moins leur faiblesse que le besoin impérieux de se trouver dans la société de leurs semblables. L’homme n’est pas fait pour vivre isole, errant dans la solitude; mais sa nature le porte, lors même qu’il serait dans l’affluence de tous les biens...

(Il manque deux pages au manuscrit.)

[Qu’est-ce que la chose publique, si ce n’est la chose du peuple? c’est donc la chose commune, la chose de la cite. Mais qu’est-ce que la cité, si ce st une multitude d’hommes fondus dans un même corps et -s haut d’une vie commune? Aussi lit-on chez les politiques romains : « Une multitude « d’hommes errants et dispersés s’unit par la con- • corde et devint une cité.»’] Saint Augustin, Ep. ir>s, 10.

[On a expliqué diversement l’origine des sociétés. Les uns rapportent que les hommes, les premiers nés de la terre, menaient une vie errante nu milieu des forets et des champs, n’avaient point de langage pour s’entendre mutuellement, ni de lois pour se respecter; des branches d’arbre et l’herbe des campagnes leur servaient de couche ; les cavernes et les antres, d’habitations; mais en cet état ils étaient la proie des animaux féroces, plus forts qu’eux. Ceux qui avaient pu échapper a leurs dents meurtrières, ou bien ceux qui avaient vu périr quelqu’un de leurs semblables non loin d’eux, avertis de leur propre péril, se réfugiè- rent près d’autres hommes, implorèrent leur se- cours, et leur firent comprendre par geste, ce qu’ils attendaient de leur aide; peu après les premiers éléments du langage furent inventés, on donna des noms a chaque chose; insensiblement les langues se perfectionnèrent. Bientôt les hommes s’aperçurent que, reunis en troupes, ils n’étaient pas encore assez, protégés contre les botes sau- vages; ils s’enfermèrent alors dans des remparts qui leur ménagèrent un asile sûr pour les nuits, et leur permirent de repousser sans combats les attaques des animaux féroces. D’autres philoso- phes ont traite, et avec beaucoup de raison, ce système de visions chimériques, et ont enseigné que ce n’était pas aux attaques de bêtes féroces, mais plutôt à la nature humaine, qu’il fallait faire honneur de la formation des sociétés; que les hommes se sont rassemblés parce qu’ils ont naturellement horreur de la solitude et besoin d’èt re réunis à leurs semblables.] Lactance, Instit. I. IV, 10.

XXVI..... Toutes les choses excellentes sont des semences naturelles; ni les vertus, ni la société, ne reposent sur de simples conventions. Les diverses sociétés, formées en vertu de la loi naturelle que j’ai exposée, fixèrent d’abord leur séjour en un lieu déterminé et y établirent leurs demeures ; ce lieu fortifié à la fois par la nature et par la main des hommes, et renfermant toutes ces demeures, entre lesquelles s’étendaient les places publiques et s’élevaient les temples, fut appelé forteresse ou ville. Or, tout peuple, c’est-à-dire toute société établie sur les principes que j’ai posés; toute cité, c’est-à-dire toute constitution d’un peuple, toute chose publique, qui est la chose du peuple, comme je l’ai dit déjà, a besoin, pour ne pas périr, d’être gouvernée par intelligence et conseil ; et ce conseil doit se rapporter sans cesse

puli ; populus auteni non omnis liominum CŒtos <]iioquo Mode roriiir. . L cœtos mullitadinis joris consensa • t ulilitati- f.mmiiniow- s«>r i-ilu-. Kju-autcm nrima causa • mm t-.ni mberillilas, qnam Dalaralisqnacdam îi’.rninum quasi congregatio : mm est enhn nogolare nec w>lnagum genittboe, scdiia£pii’ra;um, ut Mi in ommnm qnidem rt-rum afBoea/ûz... <■])< furpaginaié

Quid est respublim, nisi res populi? Resergocom- munis, res utiçue cMtaUt. Quid est autan civitas, nisi multitude hominum in guoddam vinculum re- doctaconcordiœ? Apud tôt entra italegitur : «Breri multituftodi-p^rsaatque va.-, ’,,ii(u ..lia fiit.i~f.v ta f-rat. nnus, Epist. 138. 10.)

Vrbisjcondendœ originem atque catuam nonunam intmterunt; ~<d alU eot bominet, qui tint ex terra primitui natt, guum per tilt dty tarn, neeullo Inter se termonis autj tererent; ted/rond* > t Ju rhum pro cubili- bus, speluncas et uni m pro domibtu haberent tiis et fortioribvs ammalibus prirdœ fuisse comme- mnrant. Tumeos, qui aut laniati effaceront, aut la- vian proximos videront, admonitos perienti sui, ad

alios homines decurrisse, praesidium implorasse, et primo nu films rolunla.lnn suam sirjnificasse; deinde termonis initia (entasse, ac singulis quibusque rébus nomina imponendo, paullaiim loquendiperfecisse ra- tionem. Qinim aufem née mulfi/udinem ipsam vidè- rent contra bestias esse tutam; oppida etiam cœpisse munir e, vel ut quietem noctis tutam tibi facerent, ni ut ineursiones atque impetus bestiarum non pu- gnando sedobjectis aggeribus are/ vent. Hœcaliis dé- lira visa tunt, (ni.fuerunt;, dixeruntque, non fera- rum laniatus causamfuisse coèundi, sed Ipsam potius humaniiatem : itaque inter se congregatos, quod na- tara hominum tolitudinis fugiens et communionis ac societatis appetens esse/. (Lact. Inst. I. vi, c. 10.)

XXVI.... quœdam quasi semina; neque reliquarum virtutum; nec ipsius reipublicae reperiatur ulla instituta. Hi cœtos igitur hac, de qua exposui, causa instituti, sedem primum certo loco domicilioram causa constitueuont; quam quum locis manuque sapissent, ejusmodi conjurirtionem tectorum oppidum vel urbem appellaverant, delubris distinctam spatiisque communibus. Omnis ergo populus, qui est talis cœtus multitudinis, qualem exposui, omnis civitas, quae est constitutio populi; omnis respublica, uae,

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils