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maux ce qui n’a rien de honteux, c’est moins le guérir de sa douleur, que le tirer de son ignorance. Or ce n’est pas là le temps de lui donner de pareilles leçons. Et d’ailleurs Cléanthe n’a pas assez pris que la tristesse d’une chose, qui, de son aveu est le plus grand de tous les maux. En effet, souvenons-nous de ce qui arriva lorsque Socrate eut convaincu Alcibiade, qu’il n’avait rien de l’homme, et que malgré sa haute naissance, il n’avait aucune différence entre lui et un portefaix. Ce discoure affligea tellement Alcibiade, que les larmes aux yeux il supplia Socrate de lui montrer la route de la vertu, et le moyen de se corriger du vice. Que diras-tu, Cléanthe ? Avoueras-tu que l’état où se voyait Alcibiade, et dont il était si vivement touché, n’avait rien de mauvais? Y a-t-il plus de solidité dans ce que dit Lycon le Péripatéticien, que pour nous mettre au-dessus de nos chagrins, il suffit de considérer que ce qui en fait le sujet, ce sont des choses de peu de conséquence, des disgrâces de la fortune, ou des infirmités du corps, et nullement des vices de l’âme ? Hé quoi ! ce qui affligeait Alcibiade, n’était-ce donc pas un vice de l’âme ? Je ne parlerai point de la manière de consoler qu’Épicure nous propose. Je m’en suis suffisamment expliqué ci-devant.
XXXIII. Je ne trouve pas non plus, que de dire, comme on fait souvent, à quelqu’un qui souffre : Vous n’êtes pas le seul à qui cela arrive, ce soit une consolation infaillible. Je conviens qu’elle peut réussir, mais pas toujours, ni à l’égard de tout le monde ; et la manière de l’employer n’est pas indifférente. On doit s’attacher, non à citer les disgrâces arrivées aux uns et aux autres, mais à mettre dans un beau jour le courage de ceux qui ont sagement supporté les leurs. Pour qui ne cherche que la vérité, c’est un excellent remède que celui de Chrysippe, mais peu aisé à pratiquer dans le temps qu’on souffre. Car c’est une affaire de prouver à une personne affligée, qu’elle ne l’est que parce qu’elle veut bien l’être, et parce qu’elle s’imagine que son devoir l’exige. Quoi qu’il en soit, ainsi que dans les causes publiques nous n’assujettissons nos discours, ni aux mêmes règles, ni à la même disposition, mais que nous les accommodons aux temps, aux personnes, et à la nature des affaires, on doit suivre une pareille méthode, quand on a quelqu’un à consoler. Il faut considérer quel est le remède qui lui est propre. Mais je ne sais comment je me suis écarté du sujet que vous m’aviez proposé. Car il n’y était question que du sage. Or, dans ce qui n’a rien de honteux, le sage n’y peut trouver nul chagrin ; ou du moins il y en trouve si peu, que la sagesse prend bientôt le dessus, et en fait disparaître l’amertume. Il n’est point séduit par la prévention, et ne se forge point d’idées affligeantes. Enfin il ne s’avise pas de mettre au rang des bienséances la chose du monde la plus extravagante, qui est de se tourmenter soi-même, et de s’abandonner à la douleur. Nous n’avons pourtant pas laissé de nous convaincre de deux grandes vérités. L’une, qu’on ne doit regarder comme un vrai mal que ce qui est honteux : quoique ce ne fût point là proprement le sujet de cet entretien. L’autre, que le chagrin est moins un sentiment naturel que l’effet d’un jugement volontaire, et la suite de nos préjugés.
XXXIV. J’ai cru, au reste, devoir m’attacher à cette espèce de maladie, qui me paraît la plus grande de toutes ; persuadé que si j’en pouvais une fois guérir les esprits, je n’aurais pas beau-
iludinem • quodesse . Oui.l eliim < t, litar jiridquam h! i is bajulu i uiu . i.uni in iili re, - idine t, ;i) ;,li niliil fuisse? Quid illaLyco qoal lis,nonanimi lebat,nonex dalionem XXX11I- ’ tio fi; mi ssima i • t . qoan ua est, ■■ 5t : Non tii’i hoc oli. . ut (Jii, s"d nec soin; • i mini- tntenkn,q I refert, quomodoad- bibeatur; ut ’ !"iit qaisqoe connu, -pi sapienter tolérant, non quo incomniodo afl ■ los sit, pra i ratio ad ventaient firmissima est; ad t tdinn dilliciiis. Magnum opus est probarc renli , illnm sno judicio , et quod se ila pulet oporlere facere, mœrere. Nimirum igitur, ut in causis non senq>er utimureodem statu (sic enim appellamus controversiarum gem . ad lempus, ai! conlroversiae naturam, ad per- ,.!i accommodamus : .sic in aegritudine lenienda, quam quisque curalionem recipere possit, videndura est. Sed i iquo] tctoabeo, quoderatatepropositum, aberravit oralio. Tu enim de sapiente quœsieras : < ni aut malum vi- deri nullum pôles t, quod vacet turpitudine : aut ila par- vum malum, ut i < 1 obrualur sapieulia, vixque appareat : qui niliil opinione affingat, assumatquead acgriludinem : nec ii! putel esse rectum , se quam maxime excrudari , In- • tuqne confici, quo praviusnihil esse possit. Edocuittamen ., ni mini quidem ridelur, cumlioc ipsum proprie non quaereretur hoc lempore, num quod esset malum, nisi qaod i dici turpe possel : lamen ut iderelur, quidquid esset in gpgriludine mali , iil non naturale esse, sed voluntario judicio «t opinionis errore contractum. XXXIV. Tractatnm est autem a nobis id genus aegritu- dinis, quod unuin est omnium maximum, ni, co snblato, reliquonim remédia ne majmoprre fpi&’ienda arbitremur. Sont enim ceita, quaj de paupertate, certa qutc de vila