Page:Claudel - Connaissance de l’est larousse 1920.djvu/92

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SPLENDEUR DE LA LUNE


À cette clef qui me débarrasse, ouvre à mon aveuglement la porte de laine, à ce départ incoercible, à cette mystérieuse aménité qui m’anime, à cette réunion, fœtal, avec mon cœur à l’explosion muette de ces réponses inexplicables, je comprends que je dors, et je m’éveille.

J’avais laissé à mes quatre fenêtres une nuit opaque et sombre, et, maintenant, voici que, sortant sous la vérandah, je vois toute la capacité de l’espace emplie de ta lumière, soleil des songes ! Bien loin de l’inquiéter, ce feu qui se lève du fond des ténèbres consomme le sommeil, accable d’un coup plus lourd. Mais ce n’est pas en vain que, tel qu’un prêtre éveillé pour les mystères, je suis sorti de ma couche pour envisager ce miroir occulte. La lumière du soleil est un agent de vie et de création, et notre vision participe à son énergie. Mais la splendeur de la lune est pareille à la considération de