Page:Claudel - Le Pain dur, 1918.djvu/13

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NOTE

Dans ce drame, qui a, comme partie de son sujet la Rupture des barrières et la Rencontre des races, des Juifs ne pouvaient pas ne pas figurer. C’est à eux peut-être que ce congé de leur antique assujettissement rituel et juridique, leur relèvement de leur poste de témoins, posait la question la plus grave. Si Ali et sa fille paraissent au lecteur antipathiques, — pas plus que mes autres personnages, — je ne veux pas qu’on voie là de ma part l’indice d’aucun jugement général et sommaire. Ce sont là des figures commandées par le drame, rien de plus, et dont je n’ai été que le premier spectateur. Le fait Juif est trop grand et trop magnifique, le peuple Juif est trop important au regard de Dieu, pour qu’il soit possible d’en traiter de cette manière épisodique.

J’ajoute que c’est parmi les Juifs que j’ai rencontré quelques uns de mes meilleurs amis. Je ne voudrais faire de peine à aucun d’eux, à aucun de ces vrais Israélites dont les fils et les frères ont versé leur sang pour la France, et leur demande de ne pas juger de mes intentions hâtivement.

P. C.