Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/103

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— Sir Percival Glyde, répéta-t-elle, se figurant que je n’avais pas bien entendu.

— Simple chevalier, ou baronnet ? lui demandai-je, avec une agitation que je ne pouvais plus dissimuler.

Elle suspendit un moment sa réponse, et enfile, non sans quelque sécheresse :

— Baronnet, cela va sans dire.




XI


Pas un mot de plus ne fut prononcé, ni d’un côté ni de l’autre, jusqu’à notre retour au château. Miss Halcombe monta aussitôt, en toute hâte, dans l’appartement de sa sœur. Pour moi, je me retirai dans mon atelier, afin de mettre en ordre, avant de les abandonner aux mains d’un autre, tous ceux des dessins de M. Fairlie que je n’avais pas encore restaurés et montés à nouveau. Des pensées que j’avais jusqu’alors refoulées, des pensées qui rendaient ma position plus intolérable que jamais, vinrent m’assaillir en foule dans ma solitude.

Elle était donc fiancée, et son futur époux se nommait sir Percival Glyde. Il avait rang de baronnet, et ses domaines était situés dans le Hampshire.

Il existe en Angleterre des centaines de baronnets, et les grands propriétaires terriens se comptent par douzaines dans le Hampshire. À n’en juger que d’après les lois ordinaires de la probabilité, je n’avais pas l’ombre d’un motif, jusque-là, pour rattacher sir Percival Glyde aux soupçons exprimés par les questions de la Femme en blanc. Et pourtant, entre celle-ci et lui, le lien me semblait formé. Était-ce parce que je l’associais dans ma pensée avec miss Fairlie ? miss Fairlie que je ne pouvais plus désormais séparer d’Anne Catherick, depuis le soir où m’avait été révélée leur ressemblance de sinistre augure ; ou bien, les événements de la matinée m’avaient-ils