Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/144

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ner demain Anne Catherick. Sir Percival Glyde ne passera pas de longs jours en cette maison sans avoir complétement édifié, là-dessus, et M. Gilmore et moi-même. L’avenir de ma sœur est mon principal souci dans ce monde, et j’ai sur elle assez d’influence pour me mettre à même d’y veiller en ce qui concerne son mariage…

Nous nous quittâmes là-dessus jusqu’au lendemain.

Le lendemain matin, après le déjeuner, un obstacle dont les incidents de la veille m’avaient fait perdre le souvenir, nous empêcha de nous rendre immédiatement à la ferme. C’était le dernier jour que je dusse passer à Limmeridge-House, et il fallut, aussitôt que le courrier fût arrivé, conformément aux avis de miss Halcombe, solliciter de M. Fairlie qu’il voulût bien abréger d’un mois la durée de mon engagement, en vue de certaines nécessités pressantes qui exigeaient mon retour à Londres.

Comme pour rendre plus probable ce prétexte vain, la poste m’apporta deux lettres portant le timbre de la capitale. Je les emportai chez moi, et fis demander tout aussitôt à M. Fairlie quand il lui serait loisible de me recevoir pour affaire urgente.

J’attendis le retour du domestique, sans la moindre inquiétude sur l’accueil qui serait fait par son maître à la demande que je lui adressais. Avec ou sans la permission de M. Fairlie, j’étais certain de partir. La certitude d’avoir mis définitivement le pied sur celle triste voie qui allait désormais séparer mon existence de celle de miss Fairlie ; semblait avoir émoussé en moi toute pensée qui se rapportait à moi seul. J’en avais fini avec les susceptibilités de l’orgueil viril ; j’en avais fini avec mes petites vanités d’artiste. Aucune insolence de M. Fairlie, — s’il lui plaisait de se montrer insolent, — ne pouvait maintenant m’atteindre.

Son valet revint pourtant avec un message auquel je ne m’attendais pas. M. Fairlie regrettait que l’état de sa santé, particulièrement altérée ce matin-là, ne lui permit pas le plaisir de me recevoir. Il me priait donc d’agréer ses excuses, et de vouloir bien lui communiquer, par