Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/295

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clameur alguë, mit en l’air tout mon système nerveux, et je me trouvai fort heureuse de me glisser hors de l’appartement.

Je rejoignis Laura au pied de l’escalier ; sa secrète préoccupation était justement la même que la mienne, celle que le comte Fosco avait si bien devinée, et lorsqu’elle parla, ce fut pour répéter ce qu’il avait dit. Elle m’avoua, dans le tête-à-tête, qu’à son avis « il avait dû arriver quelque chose ».




III


« 16 juin. » — Il me faut, avant de m’aller coucher, ajouter encore quelques lignes à notre chronique de ce jour.

Environ deux heures après que sir Percival se fût levé de table pour aller recevoir dans la bibliothèque son « soliciter, » M. Merriman, je sortis de chez moi toute seule pour aller faire un tour dans les plantations. Comme j’arrivais au dernier palier, la porte de la bibliothèque s’ouvrit, et les deux gentlemen en sortirent. Jugeant à propos de ne pas les déranger en me montrant sur l’escalier, j’attendis, pour descendre, qu’ils eussent traversé le vestibule. Bien qu’ils se parlassent avec une certaine précaution, les mots échangés entre eux étaient articulés assez nettement pour arriver jusqu’à moi.

— Tranquillisez-vous, sir Percival ! disait l’homme de loi ; tout cela dépend de lady Glyde…

J’avais déjà repris le chemin de ma chambre, où je comptais rentrer pour deux ou trois minutes encore, lorsque le nom de Laura, ainsi prononcé par un étranger, m’arrêta sur place. Je sais qu’il est très-mal, très-peu honorable d’écouter aux portes. Mais où est donc la femme, — et je dirai parmi les meilleures, — qui puisse régler sa conduite d’après les principes abstraits de