Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/44

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son arrivée chez nous… En blanc, policeman… une femme en blanc !…

— Je ne l’ai point vue, monsieur.

— Si vous ou quelqu’un de vos camarades venez à la rencontrer, arrêtez-la… et sous bonne garde, faites-la ramener à l’adresse que voici ! Je payerai les frais, plus une bonne gratification par-dessus le marché…

Le policeman jeta les yeux sur la carte, que l’on venait de lui remettre :

— Mais, monsieur, reprit-il, en vertu de quoi la devons-nous arrêter ?… quel délit a-t-elle commis ?

— Quel délit ? Elle s’est échappée de mon hôpital d’aliénés… N’oubliez pas !… Une femme en blanc… Partons, maintenant !…





V


« Elle s’est échappée de mon hôpital ! »

J’aurais tort de dire que ces terribles paroles m’apportaient, comme un trait de lumière, une révélation inattendue. Quelques-unes des singulières questions que m’avait adressées la Femme en blanc, après m’avoir arraché la promesse inconsidérée de la laisser libre d’agir à sa guise, m’avaient fait penser qu’elle avait quelque chose de dérangé dans l’esprit, ou que quelque effroi récent avait momentanément troublé l’équilibre de ses facultés. Pourtant, l’idée de folie complète que réveillent les mots « d’hospice » et « d’aliénés » ne s’était jamais, pour dire vrai, offerte à mon esprit à propos de cette femme.

Rien, dans son langage et son attitude, ne m’avait paru justifier de prime abord une pareille supposition, et, même avec ce jour nouveau qui résultait des paroles de l’étranger au policeman, je ne la trouvais pas, pour le présent, très-acceptable.

Qu’avais-je fait, cependant ? Avais-je aidé à s’échapper