Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/527

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Le récit est continué par divers.



I



RELATION DE HEISTER PINHORN, CUISINIÈRE DU COMTE FOSCO.


(Écrite sous sa dictée)


J’ai le regret de confesser que je n’ai jamais appris à lire ou à écrire. J’ai été toute ma vie une pauvre femme, travaillant dur, et j’ai garde toujours une bonne réputation. Je sais que c’est un méfait et un péché de dire des choses qui ne sont pas, et c’est ce que je me garderai bien de faire en cette occasion. Je dirai tout ce que je sais ; et je prie humblement le gentleman qui écrit ce que je dis de corriger mes fautes de langage à mesure que nous irons ; il voudra bien tenir compte de ce que je n’ai pas reçu d’éducation.

Dans le cours de l’été dernier, je me trouvais hors de condition (sans qu’il y eût de ma faute) ; et j’entendis parler d’une place, comme simple cuisinière, au n° 5, Forest-Road, Saint-John’s Wood. Je pris la place à l’essai. Le nom de mon maître était Fosco. Ma maîtresse était Anglaise et « lady ». Il était comte, et elle était comtesse. Lorsque j’y entrai, une jeune fille s’y trouvait engagée comme servante pour tout faire. Elle n’était ni trop propre ni trop ordonnée, mais il n’y avait pas de vice