Page:Collins - La Femme en blanc.djvu/56

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée





VII


Nous montâmes, mon guide et moi, dans un couloir qui me ramena devant la chambre à coucher où j’avais passé la nuit. Ouvrant la porte immédiatement à côté, il me pria d’y jeter un coup d’œil.

— J’ai ordre, monsieur, de vous montrer ce salon, qui vous est destiné, et de savoir si l’exposition et le jour vous conviennent…

J’eusse fait preuve d’un goût difficile, en vérité, si cette pièce et ses arrangements intérieurs ne m’avaient pas satisfait. La fenêtre, en saillie sur la façade, avait pour perspective le charmant paysage qui, le matin, avait, dès mon réveil, enchanté mes yeux. L’ameublement était parfait de goût et de confort. La table, placée au centre, rayonnait de beaux livres aux tranches dorées, d’objets de bureau délicatement ouvrés, et de fleurs fraîchement épanouies. Une autre table, près de la croisée, était garnie de tout ce qu’il faut pour encarter les aquarelles, et supportait, en outre, un petit chevalet que je pouvais, à volonté, ouvrir ou replier. Les murs étaient tendus d’une jolie perse gaiement nuancée, et sur le parquet s’étendait une natte indienne, à dessins rouges sur un fond maïs. C’était, à coup sûr, l’atelier le plus coquet et le plus complet que j’eusse jamais vu.» Je lui accordai les éloges les plus enthousiastes.

Le valet solennel était formé à trop haute école pour laisser percer la moindre satisfaction. Avec une déférence glaciale, il s’inclina quand j’eus épuisé la série de mes épithètes admiratives, et m’ouvrit silencieusement la porte du couloir.

Nous nous trouvâmes dans un autre long corridor, et montant quelques degrés auxquels il aboutissait, nous