Page:Constant - Adolphe.djvu/109

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belle encore, et que sa légèreté récente leur avait rendu des prétentions qu’ils ne cherchaient pas à lui déguiser. Chacun motivait sa liaison avec elle ; c’est-à-dire que chacun pensait que cette liaison avait besoin d’excuse. Ainsi la malheureuse Ellénore se voyait tombée pour jamais dans l’état dont, toute sa vie, elle avait voulu sortir. Tout contribuait à froisser son âme et à blesser sa fierté. Elle envisageait l’abandon des uns comme une preuve de mépris, l’assiduité des autres comme l’indice de quelque espérance insultante. Elle souffrait de la solitude, elle rougissait de la société. Ah ! sans doute, j’aurais dû la consoler ; j’aurais dû la serrer contre mon cœur, lui dire : Vivons l’un pour l’autre, oublions des hommes qui nous méconnaissent, soyons heureux de notre seule estime et de notre seul amour ; je l’essayais aussi ; mais que peut, pour ranimer un sentiment qui s’éteint, une résolution prise par devoir ?

Ellénore et moi nous dissimulions l’un

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