Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/289

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CLORIS.


Le sujet ?


TIRCIS.


Le sujet ?_J’en ai trop dans ton contentement.


CLORIS.


Le cœur t’en dit d’ailleurs 96.


TIRCIS.


Le cœur t’en dit d’ailleurs_._Il est vrai, je te jure ;
J’ai vu je ne sais quoi…


CLORIS.


J’ai vu je ne sais quoi…_Dis tout, je t’en conjure 97.


TIRCIS.


Ma foi, si ton Philandre avoit vu de mes yeux,
Tes affaires, ma sœur, n’en iroient guère mieux.


CLORIS.


J’ai trop de vanité pour croire que Philandre
Trouve encore après moi qui puisse le surprendre 98.


TIRCIS.


Tes vanités à part, repose-t’en sur moi.
Que celle que j’ai vue est bien autre que toi.


PHILANDRE.


Parle mieux de l’objet dont mon âme est ravie ;
Ce blasphème à tout autre auroit coûté la vie.


TIRCIS.


Nous tomberons d’accord sans nous mettre en pourpoint 99.


CLORIS.


Encor, cette beauté, ne la nomme-ton point ?


96. Var. Le cœur t’en dit ailleurs. (1657 et 63-68)

97. Var. J’ai vu je ne sais quoi…_Dis-le, je t’en conjure. (1633-57)
Var. J’ai vu je ne sais quoi…_Dis tôt, je t’en conjure. (1660)

98. Var. Trouve encore après moi qui le puisse surprendre. (1657)

99. Expression proverbiale, qui vient de ce que les duellistes ne gardaient que leur pourpoint lorsqu’ils se battaient. « Quelquefois même ils mettoient pourpoint bas, dit Furetière dans son Dictionnaire, pour montrer qu’ils se battoient sans supercherie. » Voyez la première variante de la page 195.