Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/290

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



TIRCIS.


Non pas sitôt. Adieu : ma présence importune
Te laisse à la merci d’Amour et de la brune.
Continuez les jeux que vous avez quittés 100.


CLORIS.


Ne crois pas éviter mes importunités :
Ou tu diras le nom de cette incomparable,
Ou je vais de tes pas me rendre inséparable.


TIRCIS.


Il n’est pas fort aisé d’arracher ce secret.
Adieu : ne perds point temps.


CLORIS.


Adieu : ne perds point temps._Ô l’amoureux discret !
Eh bien ! nous allons voir si tu sauras te taire.


PHILANDRE.


(Il retient Cloris 101, qui suit son frère.)


C’est donc ainsi qu’on quitte un amant pour un frère !


CLORIS.


Philandre, avoir un peu de curiosité,
Ce n’est pas envers toi grande infidélité :
Souffre que je dérobe un moment à ma flamme,
Pour lire malgré lui jusqu’au fond de son âme.
Nous en rirons après ensemble, si tu veux.

100. Var. Continuez les jeux que j’ai... clor. Tout beau, gausseur,
Ne l’imagine point de contraindre une sœur,
N’importe qui l’éclaire en ces chastes caresses ;
Et pour te faire voir des preuves plus expresses
(Qu’elle ne craint en rien la langue, ni tes yeux j,
Philandre, d’un baiser scelle encor tes adieux.
phil. Ainsi vienne bientôt cette heureuse journée,
Qui nous donne le reste en faveur d’Hyménée.
tirs. Sa nuit est bien plutôt ce que vous attendez.
Pour vous récompenser du temps que vous perdez k. (1633-57)

101. Var. Retenant Cloris. (1660)

j. Qu’elle ne craint ici ta langue, ni tes yeux. (1644-57)

k. L’acte finit ici dans les éditions indiquées.