Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/298

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Je mettrai le désordre où tu crois voir la paix.
L’esprit fourbe et vénal d’un voisin de Mélite
Donnera prompte issue à ce que je médite.
À servir qui l’achète il est toujours tout prêt,
Et ne voit rien d’injuste où brille l’intérêt.
Allons sans perdre temps lui payer ma vengeance,
Et la pistole en main presser sa diligence.


SCÈNE IV.


TIRCIS, CLORIS.



TIRCIS.


Ma sœur, un mot d’avis sur un méchant sonnet
Que je viens de brouiller dedans mon cabinet.


CLORIS.


C’est à quelque beauté que ta muse l’adresse ?


TIRCIS.


En faveur d’un ami je flatte sa maîtresse.
Vois si tu le connois, et si, parlant pour lui,
J’ai su m’accommoder aux passions d’autrui.


SONNET.


Après l’œil de Mélite il n’est rien d’admirable…


CLORIS.


Ah ! frère, il n’en faut plus.


TIRCIS.


Ah ! frère, il n’en faut plus._Tu n’es pas supportable
De me rompre sitôt.


CLORIS.


De me rompre sitôt._C’étoit sans y penser ;
Achève.


TIRCIS.


Achève_Tais-toi donc, je vais recommencer.