Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/308

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ÉRASTE.


Avise toutefois, le prétexte est plausible.


PHILANDRE.


J’en serois mal voulu des hommes et des Dieux.


ÉRASTE.


On pardonne aisément à qui trouve son mieux.


PHILANDRE.


Mais en quoi gît ce mieux ?


ÉRASTE.


Mais en quoi gît ce mieux ?_En esprit, en richesse 154.


PHILANDRE.


Ô le honteux motif à changer de maîtresse !


ÉRASTE.


En amour.


PHILANDRE.


En amour._Cloris m’aime, et si je m’y connoi,
Rien ne peut égaler celui qu’elle a pour moi.


ÉRASTE.


Tu te détromperas, si tu veux prendre garde
À ce qu’à ton sujet l’une et l’autre hasarde.
L’une en t’aimant s’expose au péril d’un mépris :
L’autre ne t’aime point que tu n’en sois épris ;
L’une t’aime engagé vers une autre moins belle :
L’autre se rend sensible à qui n’aime rien qu’elle ;
L’une au desçu 155 des siens te montre son ardeur,
Et l’autre après leur choix quitte un peu sa froideur ;
L’une…


PHILANDRE.


L’une…_Adieu : des raisons de si peu d’importance


154. Var. Mais en quoi gît ce mieux ?_Ce mieux gît en richesse.
phil. Ô le sale motif à changer de maîtresse !
ér. En amour. phil. Ma Cloris m’aime si chèrement.
Qu’un plus parfait amour ne se voit nullement.
ér. Tu le verras assez, si tu veux prendre garde. (1633-57)

155. À l’insu. Voyez le Lexique.