Page:Corneille - Marty-Laveaux 1910 tome 1.djvu/343

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MÉLITE.


La pure vérité._Vraiment, en voulant rire,
Vous passez trop avant ; brisons là, s’il vous plaît.
Je ne vois point Philandre, et ne sais quel il est.


CLORIS.


Vous en croirez 275 du moins votre propre écriture 276.
Tenez, voyez, lisez.


MÉLITE.


Tenez, voyez, lisez._Ah, Dieux ! quelle imposture !
Jamais un de ces traits ne partit de ma main.


CLORIS.


Nous pourrions demeurer ici jusqu’à demain,
Que vous persisteriez dans la méconnoissance :
Je les vous laisse. Adieu.


MÉLITE.


Je les vous laisse. Adieu._Tout beau, mon innocence
Veut apprendre de vous le nom de l’imposteur 277,
Pour faire retomber l’affront sur son auteur.


CLORIS.


Vous pensez me duper, et perdez votre peine.
Que sert le désaveu quand la preuve est certaine ?
À quoi bon démentir? à quoi bon dénier… ?


MÉLITE.


Ne vous obstinez point à me calomnier ;
Je veux que, si jamais j’ai dit mot à Philandre…


CLORIS.


Remettons ce discours : quelqu’un vient nous surprendre ;


275. L’édition de 1664 donne : vous croiriez. pour vous croirez. ce qui est sans doute une faute d’impression.

276. Var. Vous en voulez bien croire au moins votre écriture. (1633-57)

277. Veut savoir par avant le nom de l’imposteur,
Afin que cet affront retombe sur l’auteur.
clor. Vous voulez m’affiner ; mais c’est peine perdue :
Mélite, que vous sert de faire l’entendue ?
La chose étant si claire à quoi bon la nier ? (1633-57)