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ACTE I, SCÈNE IX. 291
Je ne veux point devoir mes déplorables jours
A l'affreuse rigueur d'un si fatal secours. 260
vous qui me restez d'une troupe ennemie Pour marques de ma gloire et de son infamie, Blessures, hâtez-vous d'élargir vos canaux', Par 011 mon sang emporte et ma vie et mes maux ! Ah ! pour l'être trop peu, blessures trop cruelles, 265
De peur de m'obliger vous n'êtes pas mortelles. Eh quoi, ce bel objet, mon aimable vainqueur, Avoit-il seul le droit de me blesser au cœur ? Et d'où vient que la mort, à qui tout fait hommage, L'ayant si mal traité, respecte son image .-^ 270
Noires divinités, qui tournez mon fuseau, Vous faut-il tant prier pour un coup de ciseau ? Insensé que je suis ! en ce malheur extrême. Je demande la mort à d'autres qu'à moi-même ; Aveugle ! je m'arrête à supplier en vain, 27^
Et pour me contenter j'ai de quoi dans la main. Il faut rendre ma vie au fer qui l'a sauvée ; C'est à lui qu'elle est due, il se l'est réservée ; Et l'honneur, quel qu'il soit, de finir mes malheurs, C'est pour me le donner qu'il l'ôte à des voleurs. 280
Ou bien, me refusant le trépas où j'aspire, Laissez faire à mes maux, ils me viennent l'offrir ; Ne me redonnez plus de force à les souffrir. Caliste, auprès de toi la mort m'est interdite (a); Si je te veux rejoindre, il faut que je te quitte : Adieu, pour un moment, consens à ce départ. Sus, ma douleur, achève, ici que de sa part Je n'ai plus de secours, ni toi plus de contraintes. Porte-moi dans le cœuç tes plus vives atteintes. Et pour la bien punir de m'avoir ranimé. Déchire son portrait que j'y tiens enfermé ; Et vous, qui me restez d'une troupe ennemie. (1632-67) I. Var. Blessures, dépêchez d'élargir vos canaux. (1682)
(a) En marge, dans l'édition de i632 : // se relève d'auprès d'elle, et il laisse cette garde d'épée rompue.
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