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INTRODUCTION _ 25

celle autre légende du manuscrit jeté sur un ciel-de-Iit et longtemps oublié là par distraction, elle est puérile. Une seule cnose reste assurée, c'est que le triomplie de la pièce chré- tienne fut éclatant. « Quoique Cinna, disent les frères Parfaict', eût porté la tragédie à son plus haut point, on peut dire cependant que Polymcte a eu plus de réussite et a produit un plus grand effet au théâtre. » L'enthousiasme des contempo- rains éclate dans ce sonnet de Baillet à Corneille:

Honte du temps passé, merveille de notre âge, Exemple inimitable à la postérité, Il ne te restait plus qu'à faire un saint ouvrage, Pour te mieux assurer de l'immortalité.

Tu l'as fait, cher Corneille, et sans apprentissage, Ce chef-d'œuvre qu'en vain d'autres avaient tenté ; Aux yeux mêmes du ciel tu rends la scène sage Et la fais sans dégoût parler de piété.

Toi seul as rencontré cet art si souhaité Qui sait mettre l'utile avec le délectable: Polyeucte à la fois nous charme et nous instruit.

Il rallume en nos cœurs une foi refroidie,

Et dans les saints discours on ne fait poiut de fruit,

Ou bien l'on en doit faire à voir la tragédie.

C'était aussi sans doute l'avis de la pieuse Anne d'Autriche, qui accepta de bonne grâce la dédicace de Polyeucte; mais, si nous en croyons Tallemant, ce n'est pas à elle que Corneille songea d'abord à dédier sa pièce. « Depuis la mort du cardi- nal, M. de Schoniberg dit au roi que Corneille voulait lui dédier la tragédie de Polyeucte. Cela lui fit peur, parce que Montauron avait donné deux cents pistoles à Corneille pour Cinna. — Il n'est pas nécessaire, dit-il. — Ah! sire, reprit M. de Schomberg, ce n'est point par intérêt. — Bien donc, dit-il, il me fera plaisir. Ce fut à la reine qu'on la dédia car le roi mourut entre deux 2. « 

L'édition originale de Polyeucte, publiée chez Antoine de Sommaville et Augustin Courbé, est de 1643'. Longtemps 00

1. Histoire du théâtre français, VI.

2. Tallemant des Réaux, Historiettes de Louis XIII.

3. On y voit un cin;ieux frontispice représentant Polyeucte brisant les idoles, en pourpoint espagnol ei haiit-de-chausses à crevés, et coifTé d'une toque à plumes. En 1654, les mêmes libraires publient une autre édition particulier» in-12 de /"oZyeuc/e, et en 1648 une troisième édition, à la fois in -12 ot in-i» D'autres parurent du vivant de Corneille en 1664, 1682 et 1692, chez de Luyn* et Billaine. Il y faudrait ajouter neuf éditions publiées également du vivaut d«  Corneille, mais sans sa participation, la plupart hollandaises; les Elzevier da Lejd* /'«n doonent pa* moini de quatre. Dani m BibliograpkU Wnéliemu

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