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ACTE I, SCÈNE III 75
Mais après l'hyménée ils sont rois à leur tour. 133
STRATONICE.
Polyeucle pour vous ne manque point d'amour.
S'il ne vous traite ici d'entière confidence,
S'il part malgré vos pleurs, c'est un trait de prudence;
Sans vous en affliger, présumez avec moi
Qu'il est plus à propos qu'il vous cèle pourquoi ; 140
Assurez-vous sur lui qu'il en a juste cause.
Il est bon qu'un mari nous cache quelque chose,
Qu'il soit quelquefois libre, et ne s'abaisse pas
A nous rendre toujours compte de tous ses pas.
On n'a tous deux qu'un cœur qui sent mêmes traverse? , 145
Mais ce cœur a pourtant ses fonctions diverses,
Et la loi de l'hymen qui vous tient assemblés
IS'ordonne pas qu'il tremble alors que vous tremblez.
Ce qui fait vos frayeurs ne le peut mettre en peine :
Il est Arménien, et vous êtes Romaine, 150
��135. « Ce vers a passé en proverbe. Il n'est pas, à la vérité, de la haute tra- gédie; mais rette naïveté ne peut déplaire. » (Voltaire.)
137. S'il ne vous traite d'entière confidence , c'est-à-dire : s'il ne vous traite avec une confiance entière ; cette locution avait déjà élé employée deux fois par Corneille dans la. Suivante (v. 82 et 1082). De pour avec se retrouvera au v. 112: traitait de mépris les dieux. « Confiance et confidence sont au fond un seul el même mot; le premier date des origines mêmes de la langue; le serondaélô emprunté au latin beaucoup plus récemment. En 1004, l'Académie explique ainsi confidence : participation aux secrets d'autrui. » (M. Marty-Laveaui.)
Elle m'a va tcnjours ardent à vous loner.
Répondre par mes scias à votre confidence. (Racine, Bérénice, V, 7.)
140. « Ce dernier vers ou cette ligne lient trop du bourgeois. C'est une règle assez générale qu'un vers héroïque ne doit guère finir par un adverbe, à moins que cet adverbe se fasse à peine remarquer comme adverbe : Je ne le verrai plus, je ne l'aimerai jamais. » (Voltaipe.)
141. Assurance voulant dire certitude, confiance (cf. le v. 23), s'assurer sur quelqu'un, c'est avoir confiance en lui, s'en rapporter à lui pour quelque chose, s en fier à lui.
142. Ce vers est familier, mais point « burlesque », quoi qu'en dise Voltaire; c'est une suivante qui parle et qui s'efforce par son enjouement de rassurer Pauline.
145. Chez tous les écrivains du xvn° siècle, une traver.<te, c'est une difficulté, un obstacle, un chagrin qui (rauerse une destinée ou un( entreprise, c'est-à-dira en rend plus malaisé l'heureux accomplissement.
Qu'on voit naitre souvent de pareilles traverses,
Bn des esprits divers, des passions diverses! {Horace, 96.)
146. Ce terme abstrait de fonctions s'applique rarement au cœur.
147. « Le mot propre est unis ; on ne peut se servir de celui d'assemblés que pour plusieurs personnes. » (Voltaire.) Avec M. Géruzez, nous croyons qu'assem- blés équivaut à unis ensenible, et pout se dire de Polyeucle et de Pauline étroi- tement liés par le mariage. D'ailleurs, au v. 1706 de Sertoriua, assemblage eai
rù> dans ce même sens a'union conjugale.
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