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ACTE 117, SCÈNE III 103

Ainsi donc, pour vous plaire, il a voulu paraître,

Non pas pour ce. qu'il est, mais pour ce qu'il veut être.

Et s'est osé promettre un traitement plus doux 87b

Dans la condition qu'il veut prendre pour vous.

CLARICE.

En matière de fourbe, il est maître, il y pipe;

Après m'avoir dupée, il dupe encore Alcippe.

Ce malheureux jaloux s'est blessé le cerveau

D'un festin qu'hier au soir il m'a donné sur l'eau. 880

Juge un peu si la pièce a la moindre apparence.

Alcippe cependant m'accuse d'inconstance,

Me fait une querelle où je ne comprends rien.

J'ai, dit-il, toute nuit souffert son entretien :

Il me parle de bal, de danse, de musique, 885

D'une collation superbe et magnifique.

Servie à tant de plats, tant de fois redoublés,

Que j'en ai la cervelle et les esprits troublés.

ISABELLE.

Reconnaissez par là que Dorante vous aime,

Et que dans son amour son adresse est extrême : 890

��874. Etre et paraître, encore une autre antithèse faite pour séduire Corneille : car il avait connu à ses dépens plus d'un de ces Gascons — fussent-ils du Havre — qui inspiraient, au xvi' siècle, à Agrippa d'Aubigné la plaisante satire où le baron de Fœneste (o7.(v=<t8</.i) s'oppose au bonhomme Ené (clvai).

877. Fourbe, pour fourberie :

La fourbe n'est le jeu que des petites âmes. (Nimmède, 258.)

Au vers 931, on reverra le verbe piper, mais avec une nuance de sens assez marquée. Ici, il a le sens d'exceller dans la fourberie. Il est fort rare d'ailleurs que piper soit pris absolument et sans régime, surtout en ce sens (iguré

878. \ar. D'oae autre toute fraîche il dope encore Alcippe. (1614-1656.)

870. S'est blessé le cerveau, s'est mis faussement dans l'esprit. « On les traite de cerveaux faibles et blessés.y> (Bossuet, cité par M. Littré.) (( Paul IV avait le cerveau encore plus blessé que Cliarles-Quint, » (Voltaire, Essai sur les mœurs.) « Ce Telliamed me parait un peu blessé du cerveau. » (hl., Dialogues, XXIX, n.)

881. M. Littré traduit pièce par tromperie, moquerie, petit complot comparé à une pièce de théâtre ; car c'est ainsi que s'explique l'emploi rlu mot en ce sens. Molière aime cette expression figurée. On disait aussi faire pièce pour faire une malice, jouer un tour, maltraiter. Dans ses Observations sur Yaugelas, l'Aca- démie s'étonne que ce grammairien trouve faire pièce une mauvaise façon de parler et assure qu'il n'en est point de plus usitée dans la conversation.

884. Toute nuit ; voyez la not# du vers 808.

887. Comme au vers 785, à exprime ici à peu près le même rapport qu'a«ec.

8S8. Les esprits, pour : l'esprit. Ce pluriel est des plus usités au .xvn° siècle • souvent il équivaut à esprits vitaux ou esprits animaux, principes de la vie ; souvent aussi, comme c'est ici le cas, il se substitue simplement au singulier, soit pour la commodité du vers, soit même dans la prose :

Ainsi que la naissance, ils ont les esprits bas. [Mort de Pompée, il9B.)

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