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ACTE IV, SCENE VIII 133
Mais le fourbe qu'il est nous en a trop donné, 1360
El je ne suis pas fille à croire ses paroles.
SABINE.
Je ne les crois non plus, mais j'en crois ses pistolcs.
LUCRÈCE.
Il t'a donc fait présent?
SABINE. •
Voyez.
LUCBÈCE.
Et tu l'as pris ?
SABINE.
Pour vous ôter du trouble où Ilottenl vos esprits,
Et vous mieux témoigner ses flammes véritables, 1365
J'en ai pris les témoins les plus indubitables ;
Et je remets, madame, au jugement de tous
Si qui donne à vos gens est sans amour pour vous
Et si ce traitement marque une âme commune.
LUCRÈCE.
Je ne m'oppose pas à ta bonne fortune ; 1370
Mais, comme en l'acceptant tu sors de ton devoir, Du moius une autre fois ne m'en fais rien savoir.
SABINE.
Mais à ce libéral que pourrai-je promettre ?
LUCRÈCE.
Dis-lui que, sans la voir, j'ai décbiré sa lettre.
SABINE.
ma bonne fortune, où vous enfuyez-vous? 1375
LUCRÈCE.
Mêles-y de ta part deux ou trois mots plus doux.
Conte-lui dextrement le naturel des femmes ;
Dis-lui qu'avec le temps on amollit leurs âmes,
Et l'avertis surtout des heures et des lieux
Où par rencontre il peut se montrer à mes yeux. 1380
1360. Sur la locution en donner, voyez la :>ote du vers 1168. 1SC8. Sij latinisme, an ; je remets si, je remets à voir, à juger si, four ellip- tique.
1376. De ta part, de ton côté, en ton nom seul.
1377. Voltaire dit, avec quelque sévérité: « On ne conte pas le naturel; on le peint, on le décrit, n — Dextrement, adroitement. Ce mot était déjà vieux à la fin du ïvu° siècle. Furetière (1600) le donne, mais Richclet, dès 1680, et l'Aca» demie, en 1604, ne l'ont pas admis. Corneille l'a souvent employé jusqu'en 1642; à partir de cette époque, il ne s'en est plus servi, et depuis il l'a fait disparaîtra de la plupart des passages où il se trouvait. » (Marty-Laveaux.)
Sans rien mettre an hasard, je saurai dextrement
Accorder vos soupçons et son contentement. (Médée, IV, iv.)
t380. Var, — Qu'il peut me rencontrer et paraître à mes yeux. (16W-1666.)
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