Page:Croiset - Histoire de la littérature grecque, t1.djvu/445

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voyageurs relâchent à Ithaque. Mélésigène y est atteint d'une affection de la vue, qui oblige Mentes, partant pour Leucade, à le laisser là, confié aux soins de son ami Mentor. C’est pendant ce séjour à Ithaque, dans la maison hospitalière de l’honnête Mentor, que Mélésigène recueille les traditions rela- tives à Ulysse. Bientôt Mentes revient, reprend son ami plus ou moins guéri, et leurs voyages recommencent, jusqu’au jour où à Colophon le pauvre Mélésigène devient complètement aveugle. Il retourne à Smyrne, et c’est alors qu’il débute comme poête.

Là aussi commencent ses malheurs. Réduit à la misère par suite de son infirmité, il mène désormais une vie errante. Nous le suivons d’abord à Néontichos, où il est accueilli par le bon Tychios, ouvrier en cuir, qui devait un jour figurer dans l’Iliade comme fabricant du bouclier d’Ajax. Il récite là, pour gagner son pain, la Thébaîde et les Hymnes; l’auteur dit avoir vu encore la place où il s’asseyait ; un peuplier noir y avait poussé depuis lors. De Néontichos, Mélésigène revient à Kymé, patrie de sa mère, et dans cette ville, comme à Néontichos, il charme ses auditeurs par ses poésies et ses entretiens; on s’assemblait autour de lui dans les « leschés des vieillards » ; encouragé par ses admirateurs, il ose demander au sénat de la ville de lui assurer l’hospitalité au nom de l'Etat, promettant de payer en gloire ce qu’on ferait pour lui. Mais les sénateurs de Kymé n’étaient ni intelligents ni généreux. L’un d’entre eux fit valoir que si l’on recueillait ainsi tous les

précédemment avertis que probablement il songeait déjà à s’adonner à la poésie : Tacaç yàp xai trj :io’.T[a£i rfir[ -zàx ejcevoei IjciOiîaeaOai.