Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/10
en particulier. Qu’il nous soit permis, en attendant, d’observer que les Anglois, stimulés par la société des Noirs, ayant d’abord fait la faute d’agiter cette question en plein Parlement, les Commerçans de Liverpool & autres Villes demandèrent à passer en France & à s’y établir, ce qui n’alloit pas à moins qu’à perdre le commerce & les isles de cette puissance[1].
L’Angleterre nous a donc abandonné prudemment le dangereux honneur de donner la liberté aux Nègres & d’abolir la Traite. Les hommes qui gouvernent tout en ce moment, & qui ne possèdent rien, qui veulent faire du bruit & non du bien, ne manqueront pas cette occasion : la populace Parisienne, qui ne sait ce que c’est que des Colons & une Métropole, leur applaudira ; & l’Angleterre, qui le sait bien, leur applaudira plus vivement & plus sincèrement encore.
- ↑ La proposition en fut faite à M. l’Archevêque de Sens, qui n’en profita pas plus que des propositions de la Hollande.