Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/12

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philosophes, de gens de beaucoup d’esprit, peut-être ; mais de gens peu versés dans les grandes questions d’administration, de commerce, de politique & de balance des Empires ?

Nos Commettans n’ont donc pu, Messieurs, nous donner des instructions, ni leurs ordres sur la question que l’on ose nous présenter aujourd’hui, à notre grand étonnement ; & vous ne devez pas être surpris de l’embarras dans lequel nous nous trouvons de répondra à des attaques contre lesquelles nos Commettans n’ont pas pu juger devoir se prémunir.

Nous l’avouerons, Messieurs ; nous n’avons point d’orateurs parmi nous. Des propriétaires de terre, des cultivateurs, des gens qui ne veulent que tranquillité & paix, se nourrissent peu de questions & de principes d’un sens indéfini.

Nos Commettans ont cru, dans la simplicité de leurs idées, que les gens d’honneur, d’un esprit simple & droit, connoissant parfaitement les intérêts, les besoins de leur pays & l’importance dont il est à la France, leur suffisoient pour présenter leurs hommages & leur amour à la Nation Françoise & au Roi.

Avant d’entrer, Messieurs, dans les détails de la grande cause que les soi-disans amis des Noirs Vous présentent, il me paroît indispensable de nous arrêter un peu sur le caractere que l’Europe entière se croit en droit de reprocher à la Nation Françoise.