Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/21

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motifs, Vous crussiez de bonne foi qu’il fût avantageux à la France d’abandonner les Colonies à elles-mêmes ; si, dégagés ensuite de toute affection, de tout intérêt de conservation pour cent mille Français répandus dans vos possessions d’outre-mer, Vous Vous croyez autorisés à prononcer l’abolition de la traite & la liberté générale des Nègres dans toutes les Colonies :

Nous nous permettrions alors de vous faire encore quelques observations.

Pouvez-Vous Vous persuader, Messieurs, que la Provence, le Languedoc, la Guyenne, la Saintonge, l’Aunis, le Poitou, la Bretagne, la Normandie, la Picardie, la Flandre, toutes vos Provinces maritimes enfin pussent être satisfaites de votre décision ? Pensez-Vous qu’elles prissent en échange de leur aisance, de leur richesse, de leur ancienne prospérité, des principes de philosophie dont les motifs secrets paroîtront incessamment au grand jour ?

N’avez-Vous pas à craindre de leur part des réclamations, des protestations contraires au respect, à la confiance que vous devez leur inspirer ? Croyez-Vous que leurs Députés pussent désormais reparoître parmi leurs Concitoyens, dont ils auroient mal calculé, dont ils auroient trahi les intérêts ? Pensez-Vous enfin, Messieurs, que leur mécontentement pût se borner à de timides plaintes, à des murmures sans effets.

Je dois par sagesse, Messieurs, jetter un voile sur