Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/22

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le tableau des calamités, des malheurs qui retomberoient nécessairement sur toute la France, si la prudence, si la science de l’avenir sur-tout ne présidoient en ce moment aux délibérations, aux décrets de cette auguste Assemblée.

Et c’est ici, Messieurs, qu’il est de mon devoir de m’élever avec force, avec courage au péril même de ma tête, contre les machinateurs de ces perfides plans, de plans dont Vous n’avez, sans doute, pas calculé toute la profondeur & le venin, & que les méchans ont couverts avec un art & une habileté dignes des plus grands conspirateurs.

Quoi ! Messieurs, c’est au moment où la France s’écroule sous le poids d’une dette épouvantable, qui ne peut être soutenu en partie que par le crédit & le mouvement incalculable que donnent au Royaume les productions des Colonies, qu’on ose Vous les proposer ces plans criminels !

C’est au moment où toutes les parties d’un Royaume qui fut autrefois le plus beau de l’Europe, sont en dissolution, que des perfides osent vous en proposer la totale destruction sous un voile d’humanité, de bienfaisance, de liberté & (chose inconcevable) d’économie politique.

N’en doutez point, Messieurs ; les méchans ont conjuré la faillite générale.

Ils ont conjuré le démembrement de la Monarchie ;