Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/27

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
(21)

de ces Provinces, dont les terres (observons-le) ne peuvent être cultivées que par des Blancs, à cause du froid excessif qui y règne les trois quarts de l’année.

Il est essentiel de remarquer que ces Provinces septentrionales avoient fort peu de Nègres, que le caractere de ces malheureux, invinciblement portés à la paresse & au larcin, y étoit fort discrédité, & qu’à peine daignoit-on s’en servir en qualité de domestiques.

Je dois encore vous faire observer qu’il s’étoit élevé entre ces Provinces septentrionales & celles du Mariland, de la Virginie, des deux Carolines & de la Géorgie, de grandes jalousies de commerce, de navigation & de richesse, & que les terres de ces provinces méridionales n’y pouvant être cultivées que par des Nègres, à cause de la grande chaleur & de l’insalubrité du climat, la révolte des Esclaves devenoit un sûr moyen d’en arrêter la prospérité.

Je me sens entraîné malgré moi, Messieurs, dans de grands détails de politique ; mais j’ai dû vous faire ces observations, pour vous amener graduellement aux résultats qu’il vous sera nécessaire de former, afin de parvenir à développer tous les plis & replis politiques de la secte des amis des Noirs.

Les Provinces du nord de la Nouvelle Angleterre, Messieurs, se trouvent chargées d’une dette énorme, dont elles ne peuvent espérer la libération en partie que par la vente de leurs terres & par une grande navigation.