Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/31

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l’amour de la nouveauté, plus que le desir de s’instruire, ont fait voyager en Angleterre depuis quelques années ; & il a jugé que les plus grands ennemis de la France pouvoient être des François mêmes.

Effectivement, Messieurs, rappellons-nous avec quelle ardeur les opinions de vingt sectes diverses, toutes plus dangereuses, plus absurdes les unes que les autres, furent embrassées par des personnes de tout sexe & de toute condition, il y a quelques années ; & nous concevrons que le ministere anglois a pu se persuader qu’il n y avoit rien de ridicule, de destructeur, en tout genre, qu’il ne fut possible de faire adopter à des François.

Le Ministere Anglois a donc dû voir sans inquiétude l’établissement de la société des amis des Noirs à Londres ; mais encore il a dû, dans ses vues de vengeance & de destruction contre la France, faire protéger cette secte par ses orateurs, ses écrivains les plus célèbres qui, dans ce pays comme ailleurs, savent mesurer leurs opinions, leurs maximes sur la quantité d’or qu’on leur présente.

Il a dû faire répandre mille écrits divers en faveur de la doctrine de cette société.

Il a dû faire porter en grand appareil la çause des amis des Noirs, ces protecteurs de la liberté des hommes, au tribunal suprème de la nation angloise.

Cette cause a dû faire l’objet de beaucoup de séances fort intéressantes, & donner de grandes inquiétudes à cette classe nombreuse de négocians observateurs de la marche du Ministere Anglois.