Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/33

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Le Ministere Anglois a dû prodiguer l’or à ces hommes : car il falloit persuader, séduire, corrompre, former un établissement. Et quoique toutes ces choses dussent être fort peu chères chez une nation légère, imitatrice de ses voisins, ulcérée par les vices de son administration, corrompue par son luxe, le Ministere Anglois sentoit parfaitement qu’on ne forme pas une grande révolution sans faire de grands sacrifices.

Ces hommes ont formé l’établissement d’une société des amis des Noirs, à Paris, entretenant correspondance de fraternité avec celle de Londres.

Les succès de cet établissement étonneront, sans doute, ceux qui ne voudront pas réfléchir sur la disposition générale des esprits de la Capitale.

L’or a dû être prodigué à ces caracteres ardens, inquiets, amateurs des nouveautés, qui se complaisent aux révolutions. La morale la plus pure, la plus séduisante, a été présentée à cqs âmes sensibles, à ces hommes de bien qui forment des vœux sinceres pour le bonheur de l’humanité. La perspective de toutes les jouissances, de l’ambition la plus satisfaite de plus hautes dignités, des places les plus lucratives, du ministere, du commandement des armées, a été offerte à ces petits ambitieux de cour, brouillons sans talent, conjurés sans courage, ruinés la plupart de santé, d’honneur & de fortune, & assez peu éclairés pour ne pas appercevoir qu’ils ne seroient que de vils instrumens de révolutions, dont les conspirateurs, plus