Page:De l'État des nègres relativement à la prospérité des colonies françaises et de leur métropole Discours aux représentants de la nation, 1789.djvu/34

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habiles qu’eux, se serviroient pour les dédaigner ensuite, & les mettre plus bas qu’ils n’étoient auparavant.

Lorsque le Ministere Anglois a pu présumer que la corporation des Amis des Noirs de Paris avoit acquis quelque force, il s’est alors occupé de faire cesser les murmures de toute la Nation Angloise, l’inquiétude des Négocians, des Propriétaires de ses Colonies.

De ce moment les Amis des Noirs de Londres ont été moins accueillis ; les raisons des Commerçans ont été mieux entendues ; les informations, les opinions, ont paru leur être plus favorables ; & tout-à-coup la cause a été renvoyée à une autre session du Parlement, où elle ne sera certainement reprise & traitée, que d’après les calculs de la politique & des intérêts de l’Angleterre.

Effectivement, Messieurs, si l’Angleterre, qui ne peut être balancée dans le commerce & la navigation énorme que lui procurent ses possessions de l’Inde, que par l’influence incroyable que donnent à la France, dans toute l’Europe, les productions des Colonies, pouvoir parvenir, par le sacrifice même des Isles, qui lui donnent à peine 50 millions, à déterminer la France à renoncer aux siennes, qui lui en donnent plus de deux cents, nous ne pouvons douter que l’habile Angleterre ne se déterminât à prononcer l’affranchissement des Nègres ;