Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, I.djvu/129

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m.552-553. VII. — 18 Juin 1629. \c

et fi vous auiez befoin d'argent, ou de quoy que ce foit, il vous en fourniroit, en forte que vous ne deuez conter pour la difficulté du voyage que iufqu'à Calais. Si vous auez aufïi quelques meubles qu'il vous falluft 5 laiffer à Paris, il vaudroit mieux les apporter, au moins les plus vtiles ; car fi vous venez, ie prendray vn logis entier pour vous & pour moy, où nous pourrons viure à noftre mode & à noftre aife. N'efloit que ie ne vous fçaurois faire donner d'argent à Paris, fans man-

10 der où ie fuis (ce que ie ne defire pas), ie vous prierois auffi de m'apporter vn petit lit de camp ; car les lits d'icy font fort incommodes, & il n'y a point de mate- las. Mais fi vous efles en doute de venir, venez plufloft tout nud que d'y manquer. le ferois pourtant bien-aife

'5 d'apprendre que ce fufl l'abondance & la commodité qui vous en empefchafl ; mais fi c'efloit la neceffité, ie croyrois que vous auriez manque de courage, car il n'y a rien qui vous y doiue fi-toft faire refoudre ; et mefme vne médiocre fortune, ou bien de légères efpe-

20 rances ne vous doiuent pas retarder, fi vous auez l'ambition de faire quelque chofe qui paffe le commun : car toutes mes règles sont fauffes, ou bien, fi vous venez, ie vous donneray moyen d'exécuter de plus grandes chofes que vous n'efperez. En tout cas, ie

25 vous prie de m'écrire fi-toft que vous aurez receu celle-cy. Au refte, ie vous prie que perfonne ne fçache que ie vous ay écrit, non pas mefme Monfieur Mydorge, encore que ie fois bien fort fon feruiteur ; mais ie fuis en lieu où ie ne luy fçaurois rendre aucun feruice. Et

3o mefme fi vous venez, vous deuez fouhaitter que per- fonne n'en fçache rien ; carfi vous faites quelque chofe

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