Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, I.djvu/379
XLVII. — 7 Février 165 3 . 265
loue extrêmement du bon traitement qu'il reçoit de vous, & tefmoigne s'eftimer hureus d'eftre a voftre feruice; mais il adioufte qu'il a fort peu de tems a eftudier en Mathématiques & que fes parens luy
5 offrent de l'entretenir a leurs dépens ou il voudra, lorfque le tems de fon feruice fera expiré, fi fes amis luy confeillent de vous demander fon congé. A cela ie luy ay par deus fois refpondu qu'il apprenoit beaucoup de chofes en vous feruant qui luy eftoient
10 plus neceflaires que l'Algèbre, quand ce ne feroit que la ciuilité, la netteté, la patience & autres telles qualités qui luy manquent, & qu'il deuoit craindre la liberté comme vne forciere qui le pourroit perdre. Mais pour ce qu'il me demande encore vne fois mon
«5 confeil par fa dernière et qu'il promet de le fuiure exactement, i'ay penfé ne pouuoir mieus faire que de vous enuoyer fa lettre & vous fupplier de prendre vous mefme la peine de le refoudre touchant ce que vous aurés agréable qu'il face. Car encore que
20 vous ayés fuget de blafmer fa légèreté, ie m'affure que vous ne luy en voudrés pas de mal pour cela & que vous iugerés qu'il n'a pas eu enuie de faillir ni de vous déplaire, vu qu'il n'a rien voulu entreprendre fans le confeil d'vn homme qui eft,
2 5 Monûeur,
Voftre très humble & très obeiffant feruiteur
��DESCARTES.
��A Deuenter, du 7 Feu. 16 j j.
Correspondance. I. 34
�� �