Page:Descartes - Œuvres, éd. Adam et Tannery, V.djvu/304

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


290 CoRRESPONDANcr-:. 1, 1^8- Iso-

lement agiffante dans les affaires, fe foil fouucnuc, après plufieurs mois, d’vne lettre que i’auois eu l’hon- neur de luy écrire, & qu’elle ait pris la peine d’y ré- pondre, que non pas qu’elle n’y ait point répondu plutoft". l’ay eflé furpris de voir qu’elle écrit fi nette- 5 y

ment & fi facilernent en François; toute noflre nation luy en eft tres-obligée, & il me fcmble que cette Prin- ceiî’e efl bien plus créée à l’image de Dieu, que le refle des hommes, d’autant qu’elle peut étendre fes foins à plus grand nombre de diuerfes occupations enjmefme 10 tcms. Car il n’y a au monde que Dieu feul dont l’ef- prit ne fe lafTe point, & qui n’eft pas moins exad à Içauoir le nombre de nos cheueux & à pouruoir iufques aux plus petits vermilTeaux, qu’à mouuoir les Cieux &les Aftres. ,5

Mais, encore que i’aye receu, comme vne faueur nullement méritée, la lettre que cette incomparable Princefle a daigné m’écrire, & que i’admire qu’elle en ait pris la peine, ie n’admire pas en mefme façon qu’elle veiülle prendre celle de lire le liure de mes 20 Principes, à caufe que ie me pcrfuadc qu’il contient plufieurs veritez qu’on trouueroit diflicilement ail- leurs. On peut dire que ce ne font que des veritez de peu d’importance, touchant des matières de Phy- lique, qui femblent n’auoir rien de commun auec ce 25 que doit fçauoir vne Reine. Mais, d’autant que l’efprit de celle-cy efl capable de tout, & que ces veritez de Phyfique font partie des fondemens de la plus haute

a. Ceci repond à une partie de la lettre de Chanut, qui manque. Voir ci-avant, p. 234, éclaircisxcment. — Voir aussi la lettre DXXXII ci-avant, p. 2 5 I ,

�� �